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Les différentes postures d’intervention sur un territoire
Lorsqu’on intervient sur un territoire, plusieurs postures peuvent être adoptées en fonction des besoins des acteurs locaux et des objectifs définis. Voici deux exemples :1. La posture d’accompagnateur
Dans cette posture, l’intervenant cheminera aux côtés des individus ou du collectif, apportant un soutien intellectuel et méthodologique pour les aider à atteindre leurs objectifs.
Objectif : Soutenir les acteurs dans la réalisation du chemin qu’ils ont eux-mêmes défini.
Approche :
Apporter des ressources ou des connaissances supplémentaires qui viendront enrichir leurs capacités d’action.
Réfléchir et collaborer pour trouver des solutions adaptées.
Garantir que les acteurs se sentent soutenus et guidés tout au long du processus.
2. La posture de coach
Dans cette posture, l’intervenant agit comme un facilitateur d’autonomie, aidant les acteurs à définir leurs objectifs et à identifier les ressources nécessaires pour les atteindre.
Objectif : Encourager les acteurs à puiser dans leurs ressources internes et à mobiliser celles qui sont nécessaires.
Approche :
Poser des questions et accompagner la réflexion pour clarifier les objectifs.
Encourager et soutenir les acteurs dans la recherche de solutions.
Ne pas réaliser les actions à leur place, ni nécessairement cheminer avec eux.
Ces deux postures offrent des approches distinctes, mais complémentaires, pour intervenir sur un territoire. L’une met l’accent sur la collaboration directe, tandis que l’autre valorise l’autonomie et l’encouragement.
L’équilibre dans l’accompagnement : ne pas suraccompagner
Un aspect fondamental de l’accompagnement consiste à éviter de suraccompagner. Cela revient à adopter une posture de confiance vis-à-vis des individus et des collectifs, en leur laissant l’espace nécessaire pour explorer, expérimenter et parfois se tromper.
Laisser place à l’apprentissage par l’expérience
Accompagner, ce n’est pas empêcher quelqu’un de faire des erreurs. Tout comme on ne peut pas interdire à un enfant d’apprendre en tombant, il est important de permettre aux individus et aux collectifs de tirer leurs propres enseignements des défis rencontrés.
Avertir sans imposer : Si l’on perçoit une erreur potentielle, on peut exprimer un avertissement : « Attention, il pourrait se passer ceci. » Mais si la personne ou le collectif souhaite continuer dans cette direction, il faut respecter leur choix.
Reconnaître ses propres projections : Ce que nous considérons comme une erreur ou une impasse peut ne pas l’être pour eux. Faire confiance, c’est accepter que leur perception puisse être différente et tout aussi valable.
Éviter d’intervenir là où ce n’est pas nécessaire
Une métaphore simple illustre ce principe :
« On n’apprend pas aux gens à faire l’apéro. »
Tout le monde sait déjà comment partager un moment convivial. Intervenir dans des domaines où les gens n’ont pas besoin d’aide revient à leur imposer quelque chose qu’ils n’ont pas demandé. Cela peut être perçu comme infantilisant et peut nuire à leur capacité à créer par eux-mêmes.
Favoriser l’autonomie et le pouvoir d’agir
Laisser les collectifs résoudre leurs propres problèmes est essentiel pour leur développement.
Le plaisir de la réussite : Résoudre un problème ou accomplir quelque chose par soi-même procure un sentiment de satisfaction et de compétence.
Respecter les choix : Même si une direction choisie ne semble pas optimale de notre point de vue, il est important de respecter la démarche. Forcer un collectif à suivre une direction que nous estimons meilleure revient à leur retirer leur pouvoir et leur capacité à s’autonomiser.
En résumé, accompagner un collectif, c’est lui faire confiance pour trouver son propre chemin, même si cela passe par des détours. L’objectif est de les soutenir sans leur imposer une direction ou leur voler la satisfaction d’apprendre et de construire par eux-mêmes.