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Avant tout, merci de regarder cette vidéo et de compter les passes faites par l'équipe en blanc.
Un concept directement lié à l’engagement est celui de la disponibilité. La disponibilité représente notre capacité à contribuer, mais aussi la manière dont nous nous rendons disponibles et dont notre environnement nous permet, ou non, de l’être pour une tâche donnée.
Elle repose sur un équilibre entre ce que nous pouvons choisir de faire pour nous rendre disponibles, et les contraintes imposées par notre environnement, nos habitudes, et les exigences de la vie quotidienne. Ainsi, bien que nous ayons une certaine marge de manœuvre pour décider de consacrer du temps ou de l’énergie à une cause ou à une action, cela implique souvent une forme de lutte ou d’arbitrage face aux multiples sollicitations et responsabilités qui nous entourent.
Le temps
Un des premiers facteurs qui influence notre disponibilité est le temps. Chaque jour, nous disposons d'une quantité fixe de temps : 24 heures, pas une de plus. Cette ressource limitée est en réalité notre plus grande richesse. On dit souvent que « le temps, c'est de l'argent », mais en réalité, l'argent représente du temps que nous avons consacré à une activité pour le gagner.
Ainsi, le temps que nous avons est une ressource précieuse et contrainte, et la manière dont nous choisissons de le dépenser est cruciale. Si nous n’avons pas de temps disponible, il devient difficile, voire impossible, de se rendre disponible pour d’autres engagements.
Il existe néanmoins des façons d'augmenter la disponibilité d'une personne en l’aidant à libérer son temps. Par exemple, on peut proposer de garder ses enfants, de faire ses courses, de préparer ses repas, de nettoyer sa maison, ou encore de l'accompagner dans ses déplacements. Ces actions permettent de dégager du temps pour cette personne, qu’elle peut ensuite utiliser pour d’autres activités ou engagements.
Si quelqu’un nous répond qu’il n’a pas le temps, il est possible de réfléchir avec cette personne à la manière dont elle utilise son temps. On peut l’aider à identifier les activités qui ne lui procurent aucun plaisir ou qui ne sont pas essentielles, et explorer comment transformer ou alléger ces tâches pour qu’elle puisse se rendre disponible.
L’attention
La deuxième ressource importante, c’est l’attention. L’attention est ce qui nous permet de choisir où concentrer notre énergie mentale parmi les milliers de choses qui se passent autour de nous à chaque instant. Elle définit ce qui est important pour nous et ce que nous décidons consciemment d’écouter, de regarder, ou d’approfondir.
Par exemple, je peux décider de fixer un mur pendant des heures et d’y poser toute mon attention. Mais aujourd’hui, notre attention est souvent captée – voire monétisée – par des écrans. Les publicités, en particulier, sont conçues pour exploiter des moments où notre attention est captive. Un exemple classique est celui d’une série télévisée : alors que notre attention est concentrée sur l’intrigue, une coupure publicitaire vient la détourner pour nous exposer à des messages commerciaux. Ces espaces de pause sont des opportunités pour capturer notre disponibilité mentale.
En réalité, ce sur quoi nous choisissons de poser notre attention détermine notre disponibilité réelle. Si quelqu’un nous parle et que nous ne l’écoutons pas activement, nous ne sommes pas véritablement disponibles pour cette personne. De même, lire un document sans y prêter pleinement attention signifie qu’on n’est pas réellement engagé avec le contenu.
La question clé devient alors : comment susciter l’attention des autres ? Ce n’est pas simplement une question de la "capturer", mais de mériter cette attention. En leur donnant des raisons valables, en éveillant leur intérêt, et en respectant leur capacité à choisir, on peut créer les conditions où les individus se rendent disponibles, non pas parce qu’on les y contraint, mais parce qu’ils en ont envie.
Effet tunnel
Comme vous l’avez vu dans la vidéo précédente — et si vous ne l’avez pas encore regardée, je vous invite vraiment à le faire avant de continuer —, notre attention fonctionne comme un filtre. Notre cerveau capte une multitude d’informations à chaque instant, mais il ne peut en traiter consciemment qu’une infime partie. En conséquence, nous devenons « aveugles » à tout ce qui ne semble pas pertinent pour atteindre notre objectif ou répondre à nos besoins immédiats.
Pour illustrer cela, si je fixe un point devant moi, je ne verrai pas ce qui se passe derrière moi. C’est une simple question de limitation. De la même manière, si nous poursuivons un objectif précis, notre cerveau oriente notre attention vers les éléments qui semblent utiles pour atteindre cet objectif, tout en ignorant tout le reste. C’est exactement ce qui se passe dans l’exemple de la vidéo avec le fameux test du « gorille invisible » : lorsque nous sommes concentrés sur le comptage des passes, nous ne voyons pas l’ours ou le gorille qui traverse le terrain.
Sur un territoire, c’est la même dynamique qui est à l’œuvre. Les différents acteurs, en fonction de leur rôle, de leurs préoccupations et de leurs enjeux spécifiques, vont capter les informations qui les concernent directement et ignorer le reste. Si je communique sur quelque chose qui ne correspond pas à leurs préoccupations ou qui ne les aide pas à atteindre leurs objectifs, cette communication sera perçue comme inintéressante, voire inexistante.
C’est pour cela qu’il est crucial d’adapter notre manière de transmettre des informations en fonction des objectifs et des préoccupations des personnes à qui nous nous adressons.
Ouverture à l’activation
On peut déployer toute l’énergie possible pour adapter notre communication, multiplier les canaux de diffusion, inonder les gens d’information afin qu’elle soit omniprésente. Mais ce type d’approche comporte un risque majeur : celui de simplement ajouter au bruit ambiant. Cela peut rendre l’information encore plus difficile à discerner et décourager l’implication des personnes.
Une alternative plus efficace, notamment en conception de services ou en dynamique territoriale, consiste à s’assurer que l’opportunité de s’impliquer soit toujours disponible pour tout le monde, à tout moment. Plutôt que de miser uniquement sur des processus temporaires — des campagnes, des ateliers, des consultations limitées dans le temps —, il s’agit de mettre en place des mécanismes permanents. Ces mécanismes doivent permettre à toute personne, dès qu’elle ressent l’envie de s’engager ou d’agir pour le développement de son territoire, de trouver facilement une voie d’accès claire et simple.
Cela peut passer par des points de contact évidents : une plateforme, un numéro, un réseau accessible, ou même des ressources en libre accès qui orientent les personnes intéressées vers les bonnes connexions, les bonnes informations, et les autres acteurs concernés. Ainsi, on évite que quelqu’un motivé reste isolé, se heurte à des obstacles administratifs ou manque d’information. Au lieu de se décourager face à ces résistances, cette personne peut immédiatement se sentir intégrée et soutenue.
Une fois connectée à ce réseau ou à ces ressources, il est essentiel de l’accompagner dans son parcours pour contribuer. Cela implique de valoriser son engagement, son temps, son attention, et surtout de prendre soin de son énergie. Cette énergie est précieuse et constitue un véritable cadeau lorsqu’elle est mise au service du territoire. En créant un environnement qui respecte et nourrit cet engagement, on favorise une implication durable et alignée avec les besoins collectifs.
Et plus on pourra garder ces personnes connectées dans la durée, mieux ce sera. Même lorsqu’elles ont terminé leur projet, leur action ou leur contribution, il est essentiel de maintenir un lien avec elles. Cela peut se faire par le biais d’une liste de diffusion, d’un e-mail d’information ou de tout autre moyen qui leur transmette des informations ciblées et pertinentes, tout en les tenant au courant des évolutions sur le territoire.
L’objectif est qu’à un moment donné, elles puissent à nouveau se réactiver, si un sujet spécifique les intéresse ou les touche. Il est irréaliste de croire que tout le monde sera investi en permanence dans la collectivité ou que chaque sujet concernera tout le monde tout le temps. Ce n’est tout simplement pas possible. Mais en gardant ce fil de connexion actif, on maximise les chances que ces personnes reviennent et contribuent à nouveau quand les circonstances ou les thématiques correspondent à leurs intérêts ou à leurs préoccupations.
La réponse doit être quelque chose comme 15, mais est-ce que vous avez vu le gorille qui a traversé la vidéo ?
La disponibilité
Un concept directement lié à l’engagement est celui de la disponibilité. La disponibilité représente notre capacité à contribuer, mais aussi la manière dont nous nous rendons disponibles et dont notre environnement nous permet, ou non, de l’être pour une tâche donnée.
Elle repose sur un équilibre entre ce que nous pouvons choisir de faire pour nous rendre disponibles, et les contraintes imposées par notre environnement, nos habitudes, et les exigences de la vie quotidienne. Ainsi, bien que nous ayons une certaine marge de manœuvre pour décider de consacrer du temps ou de l’énergie à une cause ou à une action, cela implique souvent une forme de lutte ou d’arbitrage face aux multiples sollicitations et responsabilités qui nous entourent.
Le temps
Un des premiers facteurs qui influence notre disponibilité est le temps. Chaque jour, nous disposons d'une quantité fixe de temps : 24 heures, pas une de plus. Cette ressource limitée est en réalité notre plus grande richesse. On dit souvent que « le temps, c'est de l'argent », mais en réalité, l'argent représente du temps que nous avons consacré à une activité pour le gagner.
Ainsi, le temps que nous avons est une ressource précieuse et contrainte, et la manière dont nous choisissons de le dépenser est cruciale. Si nous n’avons pas de temps disponible, il devient difficile, voire impossible, de se rendre disponible pour d’autres engagements.
Il existe néanmoins des façons d'augmenter la disponibilité d'une personne en l’aidant à libérer son temps. Par exemple, on peut proposer de garder ses enfants, de faire ses courses, de préparer ses repas, de nettoyer sa maison, ou encore de l'accompagner dans ses déplacements. Ces actions permettent de dégager du temps pour cette personne, qu’elle peut ensuite utiliser pour d’autres activités ou engagements.
Si quelqu’un nous répond qu’il n’a pas le temps, il est possible de réfléchir avec cette personne à la manière dont elle utilise son temps. On peut l’aider à identifier les activités qui ne lui procurent aucun plaisir ou qui ne sont pas essentielles, et explorer comment transformer ou alléger ces tâches pour qu’elle puisse se rendre disponible.
L’attention
La deuxième ressource importante, c’est l’attention. L’attention est ce qui nous permet de choisir où concentrer notre énergie mentale parmi les milliers de choses qui se passent autour de nous à chaque instant. Elle définit ce qui est important pour nous et ce que nous décidons consciemment d’écouter, de regarder, ou d’approfondir.
Par exemple, je peux décider de fixer un mur pendant des heures et d’y poser toute mon attention. Mais aujourd’hui, notre attention est souvent captée – voire monétisée – par des écrans. Les publicités, en particulier, sont conçues pour exploiter des moments où notre attention est captive. Un exemple classique est celui d’une série télévisée : alors que notre attention est concentrée sur l’intrigue, une coupure publicitaire vient la détourner pour nous exposer à des messages commerciaux. Ces espaces de pause sont des opportunités pour capturer notre disponibilité mentale.
En réalité, ce sur quoi nous choisissons de poser notre attention détermine notre disponibilité réelle. Si quelqu’un nous parle et que nous ne l’écoutons pas activement, nous ne sommes pas véritablement disponibles pour cette personne. De même, lire un document sans y prêter pleinement attention signifie qu’on n’est pas réellement engagé avec le contenu.
La question clé devient alors : comment susciter l’attention des autres ? Ce n’est pas simplement une question de la "capturer", mais de mériter cette attention. En leur donnant des raisons valables, en éveillant leur intérêt, et en respectant leur capacité à choisir, on peut créer les conditions où les individus se rendent disponibles, non pas parce qu’on les y contraint, mais parce qu’ils en ont envie.
Effet tunnel
Comme vous l’avez vu dans la vidéo précédente — et si vous ne l’avez pas encore regardée, je vous invite vraiment à le faire avant de continuer —, notre attention fonctionne comme un filtre. Notre cerveau capte une multitude d’informations à chaque instant, mais il ne peut en traiter consciemment qu’une infime partie. En conséquence, nous devenons « aveugles » à tout ce qui ne semble pas pertinent pour atteindre notre objectif ou répondre à nos besoins immédiats.
Pour illustrer cela, si je fixe un point devant moi, je ne verrai pas ce qui se passe derrière moi. C’est une simple question de limitation. De la même manière, si nous poursuivons un objectif précis, notre cerveau oriente notre attention vers les éléments qui semblent utiles pour atteindre cet objectif, tout en ignorant tout le reste. C’est exactement ce qui se passe dans l’exemple de la vidéo avec le fameux test du « gorille invisible » : lorsque nous sommes concentrés sur le comptage des passes, nous ne voyons pas l’ours ou le gorille qui traverse le terrain.
Sur un territoire, c’est la même dynamique qui est à l’œuvre. Les différents acteurs, en fonction de leur rôle, de leurs préoccupations et de leurs enjeux spécifiques, vont capter les informations qui les concernent directement et ignorer le reste. Si je communique sur quelque chose qui ne correspond pas à leurs préoccupations ou qui ne les aide pas à atteindre leurs objectifs, cette communication sera perçue comme inintéressante, voire inexistante.
C’est pour cela qu’il est crucial d’adapter notre manière de transmettre des informations en fonction des objectifs et des préoccupations des personnes à qui nous nous adressons.
Ouverture à l’activation
On peut déployer toute l’énergie possible pour adapter notre communication, multiplier les canaux de diffusion, inonder les gens d’information afin qu’elle soit omniprésente. Mais ce type d’approche comporte un risque majeur : celui de simplement ajouter au bruit ambiant. Cela peut rendre l’information encore plus difficile à discerner et décourager l’implication des personnes.
Une alternative plus efficace, notamment en conception de services ou en dynamique territoriale, consiste à s’assurer que l’opportunité de s’impliquer soit toujours disponible pour tout le monde, à tout moment. Plutôt que de miser uniquement sur des processus temporaires — des campagnes, des ateliers, des consultations limitées dans le temps —, il s’agit de mettre en place des mécanismes permanents. Ces mécanismes doivent permettre à toute personne, dès qu’elle ressent l’envie de s’engager ou d’agir pour le développement de son territoire, de trouver facilement une voie d’accès claire et simple.
Cela peut passer par des points de contact évidents : une plateforme, un numéro, un réseau accessible, ou même des ressources en libre accès qui orientent les personnes intéressées vers les bonnes connexions, les bonnes informations, et les autres acteurs concernés. Ainsi, on évite que quelqu’un motivé reste isolé, se heurte à des obstacles administratifs ou manque d’information. Au lieu de se décourager face à ces résistances, cette personne peut immédiatement se sentir intégrée et soutenue.
Une fois connectée à ce réseau ou à ces ressources, il est essentiel de l’accompagner dans son parcours pour contribuer. Cela implique de valoriser son engagement, son temps, son attention, et surtout de prendre soin de son énergie. Cette énergie est précieuse et constitue un véritable cadeau lorsqu’elle est mise au service du territoire. En créant un environnement qui respecte et nourrit cet engagement, on favorise une implication durable et alignée avec les besoins collectifs.
Et plus on pourra garder ces personnes connectées dans la durée, mieux ce sera. Même lorsqu’elles ont terminé leur projet, leur action ou leur contribution, il est essentiel de maintenir un lien avec elles. Cela peut se faire par le biais d’une liste de diffusion, d’un e-mail d’information ou de tout autre moyen qui leur transmette des informations ciblées et pertinentes, tout en les tenant au courant des évolutions sur le territoire.
L’objectif est qu’à un moment donné, elles puissent à nouveau se réactiver, si un sujet spécifique les intéresse ou les touche. Il est irréaliste de croire que tout le monde sera investi en permanence dans la collectivité ou que chaque sujet concernera tout le monde tout le temps. Ce n’est tout simplement pas possible. Mais en gardant ce fil de connexion actif, on maximise les chances que ces personnes reviennent et contribuent à nouveau quand les circonstances ou les thématiques correspondent à leurs intérêts ou à leurs préoccupations.